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Quelques textes qui invitent au voyage Plus qu'une reproduction fidèle des itinéraires, le travail d'Adriana Mangoni, aidée du Professeur Cabianca, propose une réinterprétation du voyage de ces aventuriers, poètes et historiens, qui ont laissé leurs impressions dans des chroniques et journaux. C'est tout l'imaginaire et les impressions propres à chacun qu'il s'agit de reconstituer. " Voyage Pittoresque de l'Abbé de Saint Non " (Paris, 1727-1791) En avril 1778, trois architectes, Châtelet, Desprez et Renard,
pensionnaires à Rome et guidés par Vivant Denon, partirent
de Naples à la découverte de la Sicile pour un travail de
commande : l'illustration des lieux et phénomènes naturels,
pour un livre qui sera l'un des plus célèbres du XVIIIe
siècle, le Voyage Pittoresque de l'abbé de Saint Non. Vue de l'Etna : Les Iles de Sicile racontées par un artiste de talent : le voyage solitaire de Jean-Pierre-Laurent Houël (Rouen, 1735-1813) Erudit éclectique et curieux, partagé entre sa passion pour la peinture et ses études d'architecture, Houël appartient à la première génération de voyageurs qui, comme Goethe, connurent les joies et les désagréments du " Grand Tour " en Italie vers la fin du XVIIIe siècle. Auteur d'un immense et précieux recueil de dessins et d'esquisses sur les Iles Eoliennes - dont Houël fit le tour en solitaire - il restitue un imaginaire méditerranéen, lumineux en harmonie avec la précision méticuleuse des représentations géographiques. Vue de la Saline située sur une langue de terre au midi de l'Isle
de Saline : L'étude des phénomènes volcaniques dans les notes de Sir William Hamilton (1730-1803) et les superbes illustrations de Pietro Fabris, paysagiste et peintre de cour réputé Sir William Hamilton, diplomate, naturaliste et collectionneur d'art, est ambassadeur du Roi d'Angleterre dans le royaume de Naples où il demeure 36 ans. Durant son séjour, il se passionne pour l'étude du Vésuve et des phénomènes sismiques qui se manifestent dans le sud de l'Italie. Il effectue une série d'importantes observations sur les éruptions du Vésuve qu'il résume sous forme de lettres à la Royal Society de Londres. " Je passai toute la nuit sur la montagne
et m'approchai de la bouche du volcan autant que la prudence me le permettait
: la lave était un fleuve de métal liquide rouge en feu
comme la matière liquide des fabriques de verre, sur lequel flottaient
de grandes scories à moitié enflammées, qui roulaient
les unes sur les autres sur le flanc de la montagne et formaient une extraordinaire
cascade
Les pierres enflammées étaient parfaitement
transparentes, le cratère avait presque un demi mille de circonférence
et lançait des pierres dans toutes les directions. " Un auteur italien admirant son pays " Certes c'est le plus beau coin de la
Sicile. Une côte si sauvage, absolument déserte, sans même
une seule maison ; la mer a la couleur du plumage des paons ; et juste
en face, au delà des flots changeants surgit l'Etna ; de nul endroit
il n'apparaît aussi beau, aussi calme et puissant, aussi divin.
" L'écrivain allemand Rilke décrit également sa fascination pour la région : " En effet nul paysage ne peut être
plus grec, nulle mer plus pleine de grandeur antique, que cette terre
et cette mer que je vois en me promenant sur les sentiers d'Anacapari.
C'est la Grèce, sans les uvres d'art du monde grec, juste
avant qu'elles ne surgissent. (
) Et quelle langue ils parlent là-haut
! Je n'ai jamais entendu voix humaine prononcer des paroles aussi antiques.
Demandez leur le nom du lieu que vous apercevez et ils vous disent quelque
chose de grand, de puissant, qui sonne comme le nom d'un roi, de l'un
de ces rois antiques légendaires, et vous avez l'impression d'avoir
déjà entendu ce nom, comme un présage, dans les orages
et dans toute la force retenue de la mer qui commence à se gonfler.
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